Qu’était un Graveur Général des Monnaies au XIXe siècle ?

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Nous avons parfois du mal à voir en quoi consiste exactement le métier de Graveur Général des Monnaies à l’époque des Barre. Henri Regnoul-Barre l’a expliqué de façon si claire que je n’ai le cœur ni à vous priver de son texte, ni à prétendre faire mieux !

Jean-Marie Darnis dans les combles de la Monnaies de Paris. (Photo F.Neuwald)

« Jusqu’au XVIe siècle, les graveurs particuliers des différents hôtels des monnaies provinciaux de France gravaient les monnaies selon les directives accompagnées de dessins et de moulages fournis par la chambre des monnaies. Il résulte de cette méthode des interprétations et des réalisations diverses, plus ou moins exactes, des modèles envoyés et, en conséquence, des différences parfois fort importantes dans les monnaies émises par ses hôtels. L’année même de son avènement, en 1547, le roi Henri II créa l’office de Graveur Général des Monnaies. Ce dernier était tailleur, sculpteur, graveur chargé de tailler les poinçons originaux et d’exécuter les matrices des monnaies dont il tirait des poinçons de reproduction. Après vérification, ces derniers poinçons étaient envoyés aux différents ateliers monétaires de France qui, sous le balancier, enfonçaient les coins nécessaires à leur fabrication. Tout ceci afin de rendre uniforme les monnaies exécutées par tous les hôtels des monnaies de France. Les fonctions de Graveur Général subirent quelques variantes dans le temps qui suivit. Au XIXe siècle, le Graveur Général avait la charge de tous les coins nécessaires à l’ensemble des ateliers monétaires. Ces coins, et non plus les poinçons, étaient envoyés aux divers ateliers afin que ces derniers en frappent des monnaies toutes exactement semblables. La note suivante, écrite le 4 août 1864 par le graveur général Albert Bart, précise les fonctions de Graveur Général durant le XIXe siècle, ceci jusqu’en 1880, date après laquelle le Graveur Général est devenu un artiste fonctionnaire appointé de la monnaie. “Le graveur général est logé dans l’hôtel central des monnaies ; il jouit aucun appointement, le local de ses ateliers fournis par l’État, le matériel de ses ateliers lui appartient, les frais de personnel, contremaîtres et ouvriers sont à sa charge. Les coins servant à frapper les monnaies d’or et d’argent lui sont payés au moyen d’une retenue sur les frais de fabrication allouée par kilogramme directeur des monnaies. Les coins sont essayés avant livraison sous les yeux d’un contrôleur, chaque paire de coins, avère les revers, pour les médailles doit frapper quatre flancs d’essais en cuivre, s’ils présentent des défauts, ils sont rebutés. (…) La gravure originale des coins est payée en dehors de ses pièces, mais il n’est alloué au graveur général aucune autre indemnité en ce qui concerne la fourniture des coins monnayer…” »

Un immense merci à ceux qui nous ont permis de rédiger cet article, de prendre les photos qui l’illustrent et dont nous mettons parfois la patience et la gentillesse à rude épreuve : Dov Zerah, bien sûr, directeur de la Monnaie de Paris, Jean-Marie Darnis, archiviste en chef de l’Hôtel de la Monnaie sans qui nous serions totalement perdus, Jean-Luc Desnier, chargé du Médaillier de la Monnaie de Paris et tous ceux qui nous ont aidé de leur mieux.

Cristina Rodriguez

Article précédemment publié dans Numismatique et Change N°368 Février 2006

Galerie de la dynastie Barre

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