Gadoury Vert – L’enquête

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La parution, en 2014, du Gadoury « Essais monétaires et piéforts français », plus communément appelé « Gadoury Vert », a provoqué un certain malaise dans le milieu de la numismatique. En effet, certaines monnaies ont soulevé de nombreux doutes, en particulier une série de 144 plombs qui y était dévoilée pour la première fois au public. Présentés comme « épreuves de contrôle », ces plombs, « jusqu‘alors conservés dans des coffres à la Monnaie de Paris », auraient été « sauvés de la benne » par un employé de l’institution.

L’anecdote paraît belle, mais soulève nombre d’interrogations, auxquelles nous allons modestement essayer d’apporter quelques réponses.

Mais, tout d’abord, rappelons ce qu’est une « Épreuve de contrôle ».

Quand un graveur travaille sur sa matrice (en creux, étape 1, figure 1), il n’est pas toujours aisé d’imaginer ce que la gravure va donner en relief, du moins pour le commun des graveurs – et des mortels en général. Afin de le vérifier, 3 ou 4 frappes, rarement plus, sont réalisées sur des gros flans en plomb.

Pourquoi pas davantage, lorsqu’on sait à quel point le travail de gravure à la main est complexe et délicat ?

Rien à voir avec le cours du plomb et les restrictions budgétaires de l’administration. C’est tout simplement parce que la matrice sur laquelle s’échine le graveur n’est pas encore en acier trempé, mais en acier doux, ce qui permet la gravure. Réaliser davantage de frappes risquerait d’endommager la matrice, et donc d’anéantir tout le travail déjà réalisé.

Ces « épreuves de contrôle » sont donc faites avec des matrices, et non avec des coins.

Comment peut-on distinguer sur un flan en plomb une frappe faite avec une matrice d’une frappe faite avec un coin ? Comme vous pouvez le voir sur la « Figure 2 », c’est assez simple.

Une matrice possède une zone plane appelée « bord de matrice », une sorte de fond perdu (zone en vert) qui n’existe pas sur un coin.

Autre détail, une frappe de contrôle est effectuée à un instant T au cours de la gravure, celle-ci n’est donc pas (en général) terminée. Seule la dernière de ces 3 ou 4 frappes représentera la version finale. Et, aussi bien pour des raisons esthétiques que pour améliorer sa présentation, elle sera plaquée d’argent par électrolyse, comme vous pouvez le voir sur la figure 3 ci-dessous, l’épreuve de contrôle argentée de la 100 Francs 1984 Émile Zola.

Il est donc très facile de la différencier des autres frappes de contrôle réalisées au cours de la gravure. Une fois argentée, la dernière frappe de contrôle est envoyée au Ministère des Finances pour y recevoir l’aval du ministre. Ces épreuves de contrôle argentées ne sont qu’exceptionnellement renvoyées à la Monnaie de Paris, car la plupart du temps, elles sont gardées en souvenir par les ministres en place – ou leur femme, leur beau-frère, leur secrétaire, voire leur banquier numismate.

Donc, quid des « épreuves de contrôle » figurant dans le Gadoury vert ? Correspondent-elles bien à ce qui est décrit ci-dessus ?

Hypothèse de travail 1 : Les plombs sont authentiques

À priori, on pourrait croire que c’est bien le cas.

Du moins, si l’on considère uniquement les épreuves de contrôle du projet non retenu de la 100 francs Descartes de 1991 par Daniel Ponce et Gérard Buquoy N° 240.3/4 et de la 10 francs Victor Hugo de 1985 par Claude Lescot n° 191.3.

Ces épreuves sont incontestablement authentiques ; elles présentent les mêmes caractéristiques que les épreuves de contrôle de 100 francs Emile Zola de 1985 (Figure 3), on y distingue bien les bords des matrices et elles celle de 10 francs est argentée.

Et les autres ?

Toutes les épreuves de contrôle du livre sont présentées ainsi « Cette épreuve de contrôle en plomb servait non seulement de contrôle des coins et de la gravure, mais également de présentation aux officiels avant la frappe définitive. »

À la vue de la Figure 5 ci-dessous, on comprend que la définition fournie dans l’ouvrage pose problème.

Tout d’abord, parce que ce ne sont jamais des épreuves contrôle « des coins » qui sont présentées aux officiels, mais bien les épreuves de contrôle frappées avec les matrices.

Logique, on ne va pas tremper des matrices et lancer le processus de fabrication des coins avant d’obtenir l’aval officiel du ministère ! La moindre demande de modification signifierait reproduire tout le processus.

Or, excepté les plombs décrits plus haut, les plombs du livre sont manifestement frappés avec des coins, et non avec des matrices, car on ne distingue absolument pas les bords de celles-ci.

Ça va, vous suivez ? Toujours avec nous ? 😉

De plus, certaines de ces épreuves de contrôle sont au type définitif et comportent le mot « ESSAI », donc déjà approuvées par les officiels depuis des mois… À plus forte raison que les pièces dites d’essai sont fabriquées bien après la production des monnaies de circulation du même type, leur unique but étant de promouvoir auprès des ministres, députés, et journalistes, les nouveaux types qui vont être mis en circulation.

Nous aurions donc affaire à des « épreuves de contrôle des coins » faites pour contrôler… quoi ? Nous avons beau nous creuser tous la tête depuis des semaines, nous ne trouvons pas de réponse à cette question.

Autre détail insolite : des épreuves de contrôle de coin sur du plomb tendrait à prouver que le coin utilisé n’était pas encore trempé. Sinon, pourquoi frapper sur du plomb et pas tout simplement sur un flan normal ? Or, une frappe sur un plomb avec un coin non trempé, qui est beaucoup plus fin qu’une matrice, l’aurait irrémédiablement déformé. Il aurait donc fallu le jeter après la frappe pour ne pas risquer de produire une série de pièces avec un coin défectueux qui aurait pu exploser lors de la fabrication.

Quelle serait la finalité d’une telle opération ? Là aussi, nous peinons à trouver la réponse.

Mais il y a encore plus curieux. Si ce sont bien des épreuves de contrôle de coins frappées à l’étape 5 de la figure 0, les ouvriers de la monnaie auraient dû produire des centaines, si ce n’est des milliers, d’épreuves de contrôle (une pour chaque coin). Or, les épreuves de contrôle du Gadoury Vert sont uniques, aucune autre collection connue n’en contient, ne serait-ce qu’une seule. Pas même la fameuse collection de Maurice Kolsky. Pourtant, s’il y a bien une personne qui aurait pu compter dans sa collection un exemplaire de ce type, c’est bien lui ! Mais là, que t’chi. Rien. Nada.

Et lorsqu’on arrive à la 20 Francs Guiraud au numéro 211.6, l’explication devient ouvertement farfelue : « Ce contrôle permettait de faire, au besoin, des modifications sur le coin… Ces frappes sont uniques (information du graveur) ».

Ah…

Et quel type de modification aurait-il dont été possible de faire sur des coins ? Parce que, si à ce stade de la fabrication (étape 5 sur la figure 0), on réalise qu’une modification est nécessaire, c’est la scoumoune ! Tout le processus est à refaire ! Et comment diable voulez-vous reproduire exactement la même modification sur tous les poinçons de l’étape 4 ? Impossible. Donc, retour à l’étape 1.

La mention « (information du graveur) » est elle aussi étonnante. De quel « graveur » parlons-nous ? De celui qui a gravé les monnaies… ou de celui qui a frappé les « épreuves » ?

Parce que Georges Guiraud a malheureusement rejoint les champs élyséens le 10 mai 1989, alors que les «épreuves de contrôle», elles, sont présentées comme un ensemble «sauvé de la benne» après 1998, date du plomb le plus récent de la série les épreuves de contrôle (la 2 Francs René Cassin numéros 127.1 et 127.2)…

Vite, ma planche ouija ! Ou ai-je mis ma planche ouija ?

Ou alors, il se pourrait que ces informations aient été recueillies auprès de Georges Guiraud avant son décès, et par conséquent… avant que la série d’épreuves de contrôle ne soit « sauvée ».

Alors ? D’après vous ? Spiritisme ou prémonition ? Georges, si tu nous entends, fais-nous un signe ! Viens éclairer nos lanternes de ton auguste lumière, car nous ne comprenons plus rien à cette histoire.

Restons encore quelques instants dans le paranormal, et penchons-nous sur les numéros 116.1 et 116.2 de la page 296, qui sont supposément des « épreuves de contrôle » de la 2 francs Philadelphie de 1944.

La fabrication de ces pièces suit la décision de l’ordonnance du 26 août 1943 (source : le Franc 2019 page 889 éditions CGB). Elles seront, comme cette ordonnance le stipule, exécutées par la monnaie de Philadelphie et expédiées par bateau de New-York en deux cargaisons, l’une à destination d’Oran, et l’autre Alger. Ni la matrice ni les coins n’ont été fabriqués par la Monnaie de Paris. Ces « épreuves de contrôle » ne peuvent donc pas avoir été frappées dans le but de contrôler quoi que soit ni d’être présentées aux officiels.

À moins que… Téléportation ? Trou de ver ? Monde parallèle ? Génération spontanée et mémoire résiduelle ?

Parce que s’il existe une raison logique à cette « épreuve de contrôle » en particulier (et c’est tout à fait possible ; nous invitons tous ceux qui pourraient nous aider à résoudre cette énigme à nous contacter), nous ne l’avons pas trouvée.

Autre description étonnante que celle qui accompagne les épreuves de contrôle de la pièce de 1 Franc 1990, numéros 104.30 et 104.31 : épreuve en plomb réalisée pour la série des « Semeuses Belle Épreuve » dont la fabrication a commencé en 1990, le premier coffret « BE » étant sorti en 1991.

Qu’est-ce que les ouvriers de la Monnaie pouvaient bien vouloir contrôler sur une frappe en plomb avec un coin de 1990 pour une série « BE » au millésime 1991 ? La gravure d’un coin de frappe courante 1990 n’a pas le même aspect que celui d’un coin prévu pour une série « BE ». Et sur les épreuves de contrôle 104.30 et 104.31 figure pourtant bien l’empreinte d’un coin de frappe courante.

Un nouveau mystère auquel nous, modestes amateurs de rondelles, ne pouvons, pour l’instant, apporter de réponse éclairée. De réponse qui n’aurait rien à voir avec une quelconque activité paranormale, s’entend.

Ou alors…

Et si des faux coins avaient été utilisés pour fabriquer ces « épreuves de contrôle » ?

Hypothèse de travail 2 : des faux coins

Attention, nous n’affirmons rien, entendons-nous bien. Ce n’est qu’une hypothèse de travail dans une étude numismatique. Vous savez, un peu comme les enquêteurs de la télé, lorsqu’ils prennent un air concentré pour dire : « imaginons qu’il a été dépecé par sa maîtresse dans la baignoire, avec la feuille de boucher du beau-frère ! ».

Supposons donc, en ce qui nous concerne, qu’un méchant margoulin disposant du matériel adéquat ait fabriqué des faux coins pour arnaquer de braves collectionneurs, et examinons d’un peu plus près les deux « épreuves de contrôle » de 10 francs Génie de la Liberté de 1988 n° 196.17 et 196.18.

Sur la figure 6 nous avons :

  • À droite l’avers d’une frappe monométallique de la 10 Francs Génie de la Liberté (A)
  • Au milieu l’épreuve de contrôle de l’avers de 10 francs Génie de la Liberté n° 196.17 (B)
  • À gauche l’avers d’un essai au type définitif de la 10 Francs Génie de la Liberté (C)

Sur chaque exemplaire, nous avons entouré les zones « suspectes ».

Les mêmes zones de plus près.

Regardez dans le cercle n° 1 de l’image A (A1), un seul liseré est visible. Normal puisque que sur le coin, seul le liseré bordant le design de la couronne existe. Vous pouvez le voir plus bas sur les photos des épreuves de contrôle de la 10 francs Génie de la Liberté qui proviennent directement de Jean-Luc Marechal, le graveur de cette monnaie (Figure 9). Ou encore plus clairement sur la Figure 7B ci-dessous qui est une photo de la Matrice de reproduction de poinçon.

Dans le cercle n° 1 de l’image B (B1) deux liserés sont présents…

Dans le cercle n° 1 de l’image C (C1) deux liserés sont aussi présents. Celui du design de la couronne et celui de la séparation entre les deux métaux.

Regardons maintenant les cercles n° 2 de chaque image. Dans l’image C (C2) la torche est coupée en deux par la jonction des deux métaux. Une partie est en nickel et l’autre en bronze aluminium. Maintenant le cercle de l’image A (A2). Sur cette épreuve la torche n’est pas coupée, et c’est normal puisque cette épreuve n’a pas de cœur en nickel et est uniquement composé de bronze aluminium. Cela prouve que sur le coin la torche n’est pas coupée non plus.

Et sur le cercle n° 2 de l’image B (B2) ? La torche est coupée en deux. Comment cela est-il possible, vous demandez-vous, puisque sur « l’épreuve de contrôle » du Gadoury Vert, il n’y a pas deux métaux, mais uniquement du plomb ? Le second liseré ne devrait pas apparaître sur cette « l’épreuve de contrôle ».

L’une des hypothèses de travail pour expliquer la présence des deux liserés dans le cercle n° 1 (B1) de « l’épreuve de contrôle », ainsi que la coupure de la torche dans le cercle n° 2 (B2), est l’utilisation d’un faux coin fabriqué à partir d’une monnaie de circulation.

Nous n’allons pas expliquer ici, pour des raisons évidentes, comment Jean-Charles Viguier a fabriqué pour cette démonstration un faux coin de 10 Francs Génie de la Liberté cela pourrait donner des idées à des aigrefins de tout poil. Sachez tout de même que la fabrication d’un tel coin demande un certain savoir-faire, ainsi que du matériel qui n’est pas à la disposition du premier venu, et que le processus a détruit la monnaie ayant servi à la réalisation de ce faux coin. C’est le prix à payer.

Sur la Figure 9 nous avons à droite image A, une épreuve de contrôle d’avers qui provient directement de Jean-Luc Marechal, graveur de la 10 Francs Génie de la Liberté.

Au centre l’épreuve de contrôle d’avers n° 196.17 du Gadoury Vert, image B.

Et à droite, une fausse épreuve de contrôle frappé par Jean-Charles Viguier avec un faux coin.

Nous avons entouré les mêmes zones que précédemment.

Agrandissons un peu tout ça afin d’y voir plus clair.

Sur l’épreuve de contrôle d’avers de Jean-Luc Marechal, il n’y a pas de second liseré, et la torche n’est pas coupée, alors que sur les deux autres épreuves figurent bien deux liserés, et la torche est nettement coupée.

Cette démonstration prouve que quelque chose ne va pas sur cette « épreuve de contrôle » n° 196.17 de 10 Francs Génie de la Liberté présentée dans le Gadoury Vert.

Surtout que ces deux liserés existent aussi sur les « épreuves de contrôle » n° 197.1/2 de la 10 Francs Montesquieu, et sur les « épreuves de contrôle » n° 214.10/11 de la 20 Francs Mont Saint-Michel 1992 ainsi que sur les n° 215.1/2 de la 20 Francs Jeux Méditerranéens 1993.

Cela étant dit, si la théorie des faux coins vaut pour les pièces dont nous venons de parler, elle ne colle pas avec les autres épreuves de contrôle présentées dans le Gadoury Vert.

Pourquoi ? Parce qu’il aurait fallu fabriquer 144 faux coins, et détruire autant de monnaies, ce qui n’est absolument pas rentable lorsqu’on connaît le prix de certains essais, à commencer par celui de la pièce de 1 centime épi.

Nous voilà donc revenus à notre point de départ.

Ou presque… Car la 20 Francs Mont Saint-Michel nous offre une autre théorie : celle de l’utilisation d’un coin ayant déjà servi, voire beaucoup, beaucoup servi.

Hypothèse de travail 3 : des vieux coins

Sur l’image ci-dessus (figure 11) :

Dans le cercle n° 1 de (A), on peut apercevoir un très léger trait qui marque l’emplacement de la séparation des métaux. Dans le cercle n° 2 on distingue la marque du cœur de 4 mm typique des 20 francs trimétalliques. Détails qui, comme vous pouvez le voir sur la photo du poinçon (C), n’existent pas. Pourtant, sur la photo de la 20 Francs fautée (B), du moins dans le cercle 2, on voit nettement l’emplacement du cœur, alors que celui-ci est très fortement décalé vers 7 heures.

Le processus de fabrication des 20 Francs trimétalliques se déroule en deux temps.

D’abord, la bille du cœur et le disque central sont assemblés grossièrement, c’est dire que la frappe n’est pas très forte, le but étant juste d’assembler les deux parties.

Ensuite, comme pour une 10 Francs Génie de la Liberté, le disque central et la couronne sont assemblés au moment de la frappe. Le coin finit d’aplatir complètement la bille centrale. Au bout de plusieurs milliers de frappes, la force de pression est telle que le cœur de 4 mm finit par créer une dépression dans le coin. C’est ce que l’on voit dans le cercle n° 2 de l’image (B).

Il a pu se passer la même chose avec le coin de 10 Francs Génie de la Liberté. Au bout d’un moment, à force de frappes répétées, le cœur finit par laisser une dépression à la jonction des deux métaux sur le coin, et c’est elle que l’on retrouve sur « l’épreuve de contrôle » n° 196.17 du Gadoury Vert.

Ce qui laisserait donc penser que la quasi-totalité des « épreuves » présentes dans le  Gadoury Vert a été frappée avec de vieux coins. Et là, une question se pose : pourquoi utiliser des vieux coins pour frapper des « épreuves de contrôle » ? Que peut-on bien contrôler avec ça ? Il n’existe aucune raison technique qui justifierait une telle frappe.

En conclusion

Comme nous l’avons vu, l’existence de ces épreuves de contrôle soulève bien des questions :

— Si ce sont bien des épreuves de contrôle de coins, à quoi pouvaient-elles bien servir ? Et pourquoi n’en existe-t-il qu’une paire pour chaque monnaie ?

— Comment se fait-il que toutes ces épreuves de contrôle, de la 10 centimes Lindauer 1917 à la 2 Francs René Cassin de 1998, soient exactement dans le même état de conservation alors que 81 ans les séparent, et que l’on sait à quel point le plomb se conserve mal, même dans des conditions optimales ?

— Pourquoi retrouve-t-on des liserés sur les pièces bi et tri métalliques ?

— Ces épreuves de contrôle sont décrites comme ayant servi de présentation aux officiels avant la frappe définitive. Alors, pourquoi faire une paire d’épreuves de contrôle de la 5 centimes 1921 petit module n° 19.4 et 19.5 lorsqu’on sait que le type Lindauer a été adopté à la fin du concours monétaire de 1913, et que la première frappe du petit module date de 1920 ? Il en va de même pour les épreuves de contrôle de :

  • 5 centimes Marianne 1966 n° 22.5 et 22.6. Type adopté en 1962.
  • 10 Centimes Lindauer .1939. n° 41.1 et 41.2. Type adopté en 1938
  • 25 Centimes Lindauer .1939. N78.4 et 78,5. Type adopté en 1938
  • 50 Centimes Chambre de commerce 1923 n ° 82.6 et 82.7. Type adopté en 1920
  • 1 Franc Semeuse 1963 nickel n° 104.22 et 104.23. Type adopté en 1959, etc.

— Si ces épreuves de contrôle étaient conservées, depuis 81 ans pour certaines d’entre elles, dans des coffres-forts de la Monnaie de Paris, c’est qu’elles devaient avoir de l’importance, non ? Alors pourquoi, du jour au lendemain, allez, hop ! « À la benne, Germaine ! » ?

— Pourquoi manque-t-il autant de types dans cette série apparemment si importante ? Pas de 5 francs Bazor, de 5 Francs Lavrillier, de 5 francs Pétain, de 10 ou 20 Francs Turin, de 50 Francs Hercule ni même de 5 Francs Semeuse ?

— Hormis les numéros 240.3/4 et 191,3, la semelle semble identique pour toutes les épreuves de contrôle. Cela signifierait-on qu’on a utilisé cette semelle pendant 81 ans ?

Pardon, vous dites ? Une semelle ?

Ah, oui, pardon ! Au temps pour nous.

Une semelle, c’est une grosse rondelle en acier légèrement concave sur laquelle on a gravé une série de cercles concentriques. Le but de ces cercles est d’éviter que le plomb ne s’écrase trop lors de la frappe.

— Et nous en revenons aux « épreuves de contrôle » les plus étonnantes de cette série, qui sont sans aucun doute celles de la 2 francs Philadelphie de 1944 n° 116.1 et 116.2. Monnaies frappées aux U.S.A. dont les épreuves de contrôle ont le même aspect – et la même semelle ! – que toutes les autres épreuves de contrôle présenté dans le Gadoury Vert. Faut-il croire que la Monnaie de Paris ait discrètement envoyé en 1943 ses semelles fétiches outre-Atlantique ? Et que la monnaie de Philadelphie ait frappé, gardé puis renvoyé ces épreuves de contrôle – et les semelles fétiches !!! – à la Monnaie de Paris à la fin de la guerre ?

Autant de questions auxquelles nous ne pouvons répondre pour l’instant, mais l’enquête continue. Alors, si vous avez des éléments à nous fournir, des informations à nous donner, des documents à nous faire passer, n’hésitez pas à vous mettre en contact avec nous en cliquant ICI ! Nous acceptons aussi les articles, les bons au porteur et les spécialités régionales !

Nexus Fred

 

Un grand remerciement à :

Cristina Rodríguez ( cristina-rodriguez.net ), Jean-Luc Marechal ( 10francsgenie.fr ), Jean-Charles Viguier ( Des GAULOIS à nos jours, NUMISMATIQUE FRANCAISE | Rotylagriffoul – Les monnaies fautées – Identifications/Estimations ), Jean-Marie Darnis, Philippe Théret ( Les Amis du Franc ), Luc Lendormy qui m’ont aidé pour l‘écriture de cet article.

Galerie Gadoury Vert l'enquête

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